B) Les conséquences de cette autorité

Comme nous avons pu le constater, il existe plusieurs manières de punir. Chaque punition, étant plus ou moins lourde, est à utiliser dans un cas qui lui conviendra le mieux. La punition appliquée directement peut être mentale (humilier, insulter) ou physique (fessée, gifle), mais celle-ci aura toujours, que ce soit sur le long comme sur le court terme, une conséquence psychologique. Ces dernières peuvent être bénéfiques pour l’enfant, mais d’autres peuvent avoir l’effet inverse.


Conséquences de quelques punitions :

  •     La punition naturelle :

Bon : L’enfant ne se sent pas puni par ses parents. Ces derniers n’endossent pas le rôle du « méchant ». Ayant été prévenu, il ne peut s’en vouloir qu’à lui seul.

Mauvais : Il se peut que le parent ne prenant pas lui-même conscience d’infliger une punition à son enfant, cède au fait de lui redonner son bien ou le droit de refaire l’activité qu’il exerçait. L’enfant ne prend donc pas conscience de son acte.

  •     La punition logique :

Bon : L’enfant se rend compte automatiquement de sa faute et la comprend mieux. La punition est en rapport avec l’objet mis en cause dans sa faute, cela donne une valeur pédagogique. Lorsqu’il pourra ré-exercer son action, l’enfant aura compris qu’il ne doit pas refaire cette erreur. Il se responsabilise.  Pour le parent, cette punition est un bon moyen pour lui de la doser par rapport à la gravité de la bêtise commise.

Mauvais : L’enfant a généralement une réaction négative (colère, pleurs). Cela peut créer de petits conflits. Aussi, la punition logique n’est pas toujours applicable pour le parent.

  •     La punition individuelle, sans rapport :

Bon : Pour les parents, cette punition est valable dans n’importe quelle situation. La punition s’appliquant juste après la faute de l’enfant, il y a une prise de conscience directe pour ce dernier et à un impact positif sur son comportement.

Mauvais : Lorsque le parent applique cette punition, l’enfant s’emporte souvent. Il se met en colère, la punition étant parfois trop sévère par rapport à l’acte. De plus, si cette punition est trop utilisée, il se peut qu’elle perde sa crédibilité. Pour le parent, cette punition sert parfois afin d’être « tranquille » un moment.

 

La punition peut entraîner chez certains enfants une peur maladive et une anxiété marquée. Elles s'exprimeront par de l'agitation, des insomnies, la solitude, des troubles de l'appétit ou un comportement inadéquat à l'école ou à la maison. L'enfant agira parfois sans réfléchir, parce qu'il est trop stressé, provoquant ainsi d'autres punitions, s'enfermant dans un cercle. Cela s’applique pour les enfants étant généralement trop souvent punis durement pour le moindre petit écart de conduite. Il ne comprend donc plus le vrai sens de la punition.  Aussi un sentiment de culpabilité peut naître chez l’enfant. D'autres enfants réagiront, au contraire, en s'endurcissant. C’est le discours de ceux qui sont fiers et n'acceptent pas d'être dominés. Ces enfants développeront beaucoup d'agressivité. D'ailleurs, voir le parent perdre patience ou être hors de lui, revêt souvent pour eux un caractère de victoire.

Il arrive parfois même que la punition agisse comme un renforcement, provoquant l'effet contraire de celui recherché. Certains enfants n'ont un contact avec leurs parents que lorsqu'ils agissent mal. Les bons comportements étant chez eux peu remarqués ou soulignés.  Dans ce cas, l'enfant fait souvent exprès de se faire punir parce qu'il attire l'attention sur lui. Il apprend alors comment se faire remarquer en utilisant un moyen inapproprié.

 

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D’une manière générale, tous les enfants, par leur comportement, essaient de se soustraire à la punition, soit en résistant, en se sauvant, en criant ou encore en feignant l'insensibilité ce qui peut provoquer l'adulte encore plus. Mais l’enfant peut aussi se sentir soulagé d’être puni (mais cela arrive généralement en grandissant). En effet, il fait une faute, il est puni et on n'en reparle plus. Pour que la punition ait une valeur pédagogique, il faut donc la présenter comme une réparation. C’est la pratique d’une « discipline continue », qui lui permettra de se développer sans brutalité.

Quant aux parents, lorsqu'ils pratiquent leur rôle de punisseurs, peuvent se sentir coupables d’exercer une agressivité importante, lorsqu'ils se sont ainsi laissés aller à leur colère. Et d'autres, malheureusement, ne se remettent jamais en question dans leur rôle de tourmenteurs.

Par exemple, lorsque le parent rentre d’une mauvaise journée de travail, il a accumulé un certain agacement et est en état de saturation ; se « défouler » sur un être plus petit est souvent un moyen inconscient de se soulager de son épuisante journée. L’enfant est alors susceptible de ne pas comprendre cet acharnement et de se remettre en cause pour quelque chose qu’il n’a pas fait, ne sachant plus ce qui est bien ou mal.

La punition autoritaire est l’arme qui généralement vient en premier dans l’esprit des parents pour faire comprendre à l’enfant sa faute. Malheureusement, son effet principal est aléatoire et ses effets secondaires peuvent être fort dommageables pour un enfant et surtout pour la relation entre lui et ses parents. Mieux vaut, dans certains cas, le soutenir dans ses acquisitions et compatir avec lui quand il échoue. La peur n’est pas un moyen éducatif, il ne permet pas l’obéissance de l’enfant. L’encourager lorsqu’il est en difficulté l’aidera certainement plus, sinon celui-ci peut se décourager facilement.

 

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  •      Conséquences d'un changement de situation:

Lors d’un divorce, l’autorité parentale change. Les parents deviennent généralement plus laxistes afin de se sentir moins coupable du mal qu’ils auraient pu causer lors du conflit entre les deux parents. S’en est de même pour le parent qui devient veuf, celui-ci pouvant ainsi soit, se rapprocher de son enfant (en s’entraidant pour surmonter le chagrin) ou soit s’éloigner rejetant la faute l’un sur l’autre. Les conséquences de ces changements de situation peuvent aller d’un extrême à l’autre. De même que lorsqu’un parent élève seul son enfant (monoparentalité). L’enfant n’a qu’une seule vision de l’autorité, celle des femmes étant différente de celle des hommes. Lorsqu’une mère élève seule son enfant, il faut pour ce dernier trouver une personne qui représente l’autorité masculine ; et vice-versa. Le problème est que cette personne n’est pas toujours le meilleur exemple pour l’enfant qui généralement s’inspire de son idole. Le mieux pour lui étant de prendre exemple sur un parent proche, comme son grand père ou son oncle. La monoparentalité peut entrainer chez de jeune enfant de la moquerie de la part de ses camarades, causant à l’enfant qui la reçoit, chagrin, jalousie, colère... Cela peut le conduire à se renfermer dans une solitude.

« L’enfant seul se méfie de tout le monde, pas par choix mais dépit,

Pense qu’en guise d’ami, son ombre suffit. »